Après plusieurs mois de détention dans la célèbre prison de Black Beach, Balthazar Engonga Ebang, ancien directeur général de l’Agence nationale d’investigation financière (ANIF), a été condamné le mardi 26 août 2025, à huit ans de prison ferme par la justice équato-guinéenne, ainsi qu’à une amende de 125,4 millions de francs CFA pour détournement de fonds publics .
Cet ancien haut fonctionnaire était soupçonné d’avoir orchestré un vaste détournement de ressources d’État pendant ses mandats, notamment à la Direction générale des assurances et de la réassurance, entre 2015 et 2020. Ces sommes auraient été transférées vers des comptes bancaires à l’étranger, selon les procureurs.
La peine prononcée ce mardi, est plus mesurée que les réquisitions initiales, qui visaient une peine cumulée allant jusqu’à vingt-huit ans, répartie entre détournement de fonds, enrichissement illicite et abus de pouvoir. La décision finale concorde toutefois avec des condamnations similaires récemment observées dans le pays.
L’affaire avait pris un tournant spectaculaire à l’automne 2024, quand plus de quatre cents vidéos à caractère sexuel mettant en scène Balthazar avaient fuité, provoquant un scandale retentissant. Mis en cause pour cette diffusion, il avait toutefois été acquitté fin 2024 par la Cour suprême, qui avait jugé que toutes les personnes filmées étaient majeures et consentantes, et que l’accusé n’avait transmis aucune maladie sexuellement transmissible.
Aujourd’hui, si ces accusations ont été écartées, cette première affaire n’en avait pas moins durablement entaché son image publique, fragilisant ainsi sa défense dans le volet judiciaire financier.
Les avocats de Balthazar ont dénoncé un procès à coloration politique, affirmant que les preuves présentées étaient insuffisantes et que leur client était victime d’un règlement de comptes au sein de l’appareil d’État.
La condamnation s’inscrit dans un contexte où les autorités cherchent à muscler leur lutte contre la corruption, tandis que les observateurs soulignent un usage sélectif de la justice pour écarter des figures trop puissantes ou trop exposées.
Ce verdict marque une étape importante dans cette affaire complexe, mais ne clôt pas nécessairement le dossier. L’avocat de Balthazar a déjà laissé entendre qu’un appel serait envisagé. Dans un pays où les équilibres politiques restent fragiles, tout nouveau développement judiciaire pourrait alimenter les tensions et relancer l’intérêt médiatique autour de cette affaire.
Diane Kablankan 