Incarcéré depuis le 19 juin 2025 au Pôle Pénitentiaire d’Abidjan, Joël Kouadio N’Guessan, acteur de la société civile, est revenu sur les propos tenus lors d’une interview accordée au média en ligne Lemondeactuel.com. Dans un communiqué publié ce samedi, il a exprimé ses regrets et présenté ses excuses à l’ensemble de l’Institution judiciaire ivoirienne.
L’affaire a débuté le 17 juin dernier, à la suite de la diffusion d’une interview dans laquelle M. N’Guessan s’exprimait sur certaines décisions de justice. Le lendemain, il a été interpellé, placé en garde à vue à la Préfecture de Police d’Abidjan, puis déféré devant le Parquet le 19 juin. Il a ensuite été inculpé pour discrédit sur l’Institution judiciaire et discrédit sur une décision de justice de nature à porter atteinte à l’autorité de la justice.
Présenté à une juge d’instruction, il a été placé en détention préventive où il demeure encore à ce jour.
Lors de son audition du vendredi 4 juillet 2025, en présence de son avocat Maître Rodrigue Dadjé, Joël N’Guessan dit avoir pris conscience de la portée de ses déclarations. « J’ai réalisé que mon interview avait choqué beaucoup d’acteurs de la justice, notamment des magistrats », reconnaît-il dans son communiqué.
Dans un geste d’apaisement, il tient à exprimer sa contrition :
« Loin de moi l’idée de remettre en question l’autorité de l’Institution judiciaire, ou, à plus forte raison, de porter atteinte à l’honneur des magistrats ivoiriens ou de les exposer à une quelconque forme de désapprobation publique. »
Et de conclure : « Je tiens donc à présenter mes sincères excuses à l’Institution judiciaire et aux magistrats pour mes propos tenus dans cette interview. »
Cette affaire relance le débat sur la liberté d’expression et les limites de la critique des institutions publiques en Côte d’Ivoire. Pour l’heure, aucune date n’a été communiquée pour une éventuelle mise en liberté provisoire ou une audience de jugement.
Diane Kablankan