SEIP 2026 : À Abidjan, l’argent ne doit plus seulement se gagner, il doit aussi apprendre à fructifier

Pourquoi, dans une économie où chacun aspire à améliorer ses revenus, tant de personnes travaillent-elles pendant des années sans parvenir à se constituer un véritable patrimoine ? Derrière cette interrogation, une réalité économique et sociale s’impose, gagner de l’argent ne suffit pas toujours à construire sa sécurité financière. Encore faut-il savoir le gérer, l’épargner, l’investir et le protéger.

C’est tout l’enjeu de la neuvième édition du Salon de l’Épargne, de l’Investissement et du Patrimoine (SEIP), organisée les 22 et 23 octobre 2026, au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire.

Placée sous le thème « Chaque grand patrimoine commence par un premier pas », cette rencontre, organisée par L’Agence en partenariat avec Ecobank Côte d’Ivoire, ambitionne de rendre l’éducation financière plus accessible et de rapprocher les populations des opportunités d’investissement.

Pendant deux jours, banquiers, dirigeants d’entreprises, responsables institutionnels, experts financiers et entrepreneurs se sont retrouvés autour d’une préoccupation commune : comment permettre à davantage d’Ivoiriens de passer de la simple gestion quotidienne de leurs revenus à la construction d’un patrimoine durable ?

Dans une société où la réussite est souvent mesurée à l’aune du revenu, une question demeure trop peu abordée : que devient l’argent une fois gagné ?

Entre les dépenses quotidiennes, les charges familiales, les imprévus et les obligations sociales, l’épargne apparaît parfois comme un privilège réservé à ceux qui disposent de revenus confortables.

Pourtant, l’enjeu de l’éducation financière dépasse largement le niveau de rémunération. Il concerne aussi la capacité à établir un budget, à anticiper les risques, à comprendre les mécanismes de placement et à distinguer les opportunités sérieuses des promesses de gains illusoires.

Le SEIP 2026 entend précisément contribuer à cette évolution des comportements. Il ne s’agit plus seulement de sensibiliser à l’importance de l’épargne, mais de donner aux participants les moyens de prendre des décisions financières éclairées.

C’est pourquoi cette édition a accordé une place importante aux marchés financiers, aux produits d’assurance, aux titres publics et aux mécanismes de constitution du patrimoine.

Parmi les séquences majeures du programme, un panel consacré aux premiers pas sur les marchés financiers réunissait notamment Edoh Kossi Amenounvé, directeur général de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), Myriam Ouattara, directrice générale de Bridge Securities, Oulimata N’Diaye Diassé, directrice générale d’UMOA-Titres, et Idrissa Coulibaly, directeur général de BNI Gestion.

L’enjeu est considérable. Car une économie dans laquelle les ménages comprennent mieux les mécanismes de financement et d’investissement dispose potentiellement d’une base plus large de citoyens capables de participer à la mobilisation de l’épargne et au financement des activités productives.

L’un des temps forts inscrits au programme de cette neuvième édition portait sur la protection contre les arnaques financières, numériques et foncières.

Le développement du mobile money et des technologies financières transforme progressivement les habitudes économiques des populations africaines.

Longtemps utilisés principalement pour les transferts d’argent et les paiements, les services financiers numériques pourraient jouer un rôle croissant dans l’accès à l’épargne et aux placements.

Cette évolution figurait également parmi les sujets du SEIP 2026, à travers un panel consacré aux fintechs et au mobile money, réunissant notamment des représentants de Wave, MTN, NSIA Asset Management et Visa.

La question n’est plus seulement de savoir comment faciliter les transactions, mais comment transformer ces outils du quotidien en passerelles vers des services financiers plus diversifiés.

Encore faut-il que cette transformation s’accompagne d’une information fiable, de garanties suffisantes et d’une véritable protection des utilisateurs.

Depuis sa création en 2018, le SEIP s’est progressivement imposé comme un rendez-vous consacré à la vulgarisation des connaissances financières en Côte d’Ivoire.

Diane Kablankan

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