AFRIMA 2026: dans les coulisses d’un verdict continental qui redessine la carte musicale africaine

À Abidjan, lors de la conférence de presse marquant la célébration des lauréats ivoiriens, béninois et algériens de la 9ᵉ édition des All Africa Music Awards (AFRIMA), Messie Mboukou, membre du jury, a levé le voile sur les exigences et les ambitions d’une distinction devenue stratégique dans l’industrie musicale africaine. Loin d’une simple logique de popularité, le processus d’évaluation, assure-t-il, repose sur l’ensemble de la chaîne de production musicale : qualité de l’instrumental, richesse et pertinence du texte, originalité, créativité, finesse du mixage et cohérence de la production globale. À ces critères techniques s’ajoute l’impact de l’œuvre, sa capacité à rayonner localement, à franchir les frontières et à influencer divers publics, autant d’éléments permettant de départager les artistes et d’orienter les nominations au-delà des considérations géographiques. Face à la diversité des sensibilités culturelles du continent, le jury, composé de professionnels reconnus et dotés d’une expertise internationale, revendique une approche objective et équilibrée, fondée exclusivement sur la qualité artistique. Interrogé sur la forte présence ivoirienne lors de cette édition, Messie Mboukou évoque un vivier exceptionnel d’artistes et, surtout, la structuration progressive d’un écosystème performant – studios, producteurs, médias, plateformes et événements qui positionne Abidjan comme une plaque tournante musicale en Afrique de l’Ouest. Plus qu’un trophée, AFRIMA se veut une plateforme de développement offrant masterclasses, rencontres professionnelles, collaborations panafricaines et visibilité continentale, voire internationale, dès la phase de sélection, générant partenariats et opportunités stratégiques pour les artistes. Soutenu par des partenaires institutionnels et internationaux intervenant sur les plans administratif, logistique et communicationnel, l’événement consolide sa crédibilité et son envergure. Quant à l’hypothèse d’une organisation future des AFRIMA à Abidjan, le membre du jury se montre affirmatif : la Côte d’Ivoire dispose désormais des infrastructures, des compétences et du dynamisme culturel nécessaires ; pour lui, il ne s’agit plus d’une éventualité, mais d’une question de temps.

Diane Kablankan

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