Après deux décennies de traitement manuel, la Côte d’Ivoire franchit un cap décisif dans la modernisation de son système fiscal. Le Premier ministre, Robert Beugré Mambé, a officiellement lancé ce lundi la digitalisation de la facture normalisée, notamment pour la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA), au cours d’une cérémonie solennelle à Abidjan.
Instaurée en 2005, la facture normalisée visait à améliorer la traçabilité des transactions commerciales assujetties à la TVA. Jusqu’ici, le processus était essentiellement manuel. Désormais, cette facture devient entièrement électronique, intégrée à un système numérique sécurisé géré par la Direction générale des Impôts (DGI).
« Grâce à cette digitalisation, nous serons en mesure de suivre en temps réel les opérations commerciales et de sécuriser les recettes fiscales. C’est un tournant dans la collecte de la TVA », a déclaré le directeur général des Impôts.
Cette réforme, qui s’inscrit dans la stratégie nationale de digitalisation de l’administration publique, a pour objectif de lutter plus efficacement contre la fraude et l’évasion fiscales, tout en facilitant les démarches pour les entreprises. L’outil permettra également une meilleure équité entre les opérateurs économiques.
« Cette réforme va améliorer la performance budgétaire de l’État tout en instaurant une plus grande transparence dans les pratiques commerciales », a affirmé le ministre des Finances et du Budget.
Le gouvernement entend, à travers cette initiative, moderniser la gouvernance fiscale et renforcer la confiance entre l’administration et les contribuables.
« Nous voulons bâtir une administration moderne, efficace et exemplaire. La facture électronique est une réponse concrète à la lutte contre la corruption fiscale », a souligné le Premier ministre.
La digitalisation de la facture normalisée marque ainsi un pas important vers une fiscalité intelligente, au service de l’émergence économique de la Côte d’Ivoire.
Diane Kablankan 